Le marché à terme expliqué.



EN CONSTRUCTION




LE PRINCIPE DE LA BASE


 


 

Le comportement des opérateurs (position longue ou courte) prend généralement en compte l’évolution du cours au comptant et celle du cours à terme.

 

Bien qu’ils n’évoluent pas exactement de la même façon, ces deux cours ont tendance à bouger de concert. Le cours à terme dépend en effet étroitement du cours au comptant,puisqu’un contrat à terme peut toujours faire l’objet d’une livraison à l’échéance.

 

Le cours à terme théorique équivaut au cours au comptant augmenté ou diminué du prix du temps, appelé coût de portage.

 

 

 

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Le coût de portage représente le coût du financement de l’achat de l’actif et de son stockage jusqu’à l’échéance, date à laquelle le bien est livré dans le cadre du contrat à terme.

 

Plus l’échéance du contrat à terme se rapproche, plus le coût de portage est faible. Au fur et à mesure que se rapproche le mois de livraison, les anticipations reflétées dans le cours du terme deviennent les mêmes que celles du marché au comptant.

 

Par conséquent, le cours du contrat à terme approchant de l’échéance, converge vers le cours de l’actif sous-jacent sur le marché comptant. Une différence anormale entre les deux cours inciterait les utilisateurs des marchés à terme détenant des positions ouvertes à livrer ou à prendre livraison suivant le sens de l’écart.

 

Elle inciterait ceux qui interviennent sur les deux marchés à acheter à bas prix et à vendre sur celui sur lequel le cours est élevé, à condition que l’écart soit suffisamment grand pour compenser le coût de la livraison sur le marché à terme.

 

Ces arbitrages induiront une hausse du cours du marché à bas prix et une baisse du cours du marché à prix élevé, ce qui ramènera les cours à une situation initiale.

 

 

 

 

 

A. La base 

 

 

Le terme de base est utilisé pour désigner la différence entre le cours à terme et le cours au comptant sur le même actif.

 

La base est généralement définie comme le cours du contrat à terme sur l’échéance la plus proche moins le cours au comptant du produit de la qualité spécifiée dans le contrat à terme, la qualité de base.

 

Toutefois, la base est parfois définie comme étant le cours au comptant moins le cours à terme.

 

 

 

1. Les composantes de la base

 

Pour les actifs physiques, la base comprend trois composantes :

 

- le temps intègre les anticipations des opérateurs quant à l’évolution des cours.

Il comporte notamment le coût de portage (coût d’achat du bien au comptant et de sa revente à terme), qui est essentiellement composé du coût de stockage, de la prime d’assurance et du coût du financement.

 

- la distance : à tout moment, le cours au comptant d’une marchandise en un point donné est différent de celui qui prévaut à l’endroit de la livraison sur le marché à terme. Cette différence reflète le coût de transport d’un produit de son lieu de production à sa zone de consommation, et les équilibres entre offre et demande aux deux endroits.

 

- la qualité : des qualités de bien différentes de la qualité de référence peuvent le plus souvent être livrées, suivant un système de primes et de décote, et ce afin d’élargir le marché.

 

 

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Ainsi la base reflète ce que vaut le produit sur le marché local en relation avec le marché à terme.

 

La valeur de la base est fonction :

 

- de la valeur du stockage sur le marché local (en relation avec celui du marché à terme) ; 

 

- de la valeur du transport entre le marché de consommation et les zones de surplus, et entre ce marché et les points de livraison définit dans le contrat à terme ; 

 

- de la valeur de la qualité du produit offert (en relation avec celle définie dans le contrat standard) ; 

 

- des conditions d’offre et de demande sur le marché local (en relation avec celles qui prévalent sur le MAT, influence des produits substituables). 

 

 

 

 

2. Evolution de la base

 

 

La valeur de la base évolue avec le temps pour plusieurs raisons :

 

- Le comptant et le terme forment deux marchés séparés. Les possibilités qu’offre le marché comptant de traduire les besoins à long terme des opérateurs en transactions immédiates sont limitées, surtout en regard de celles du marché à terme. Le cercle des participants au marché à terme est plus large que celui du comptant, car les objectifs des intervenants ne sont pas les mêmes sur les deux marchés. Comme les marchés au comptant et à terme ne répondent pas aux mêmes attentes, leurs variations ne sont pas identiques et la différence entre les deux cours – la base – subit des changements dans le temps.

 

- Le coût de portage varie. Le coût de portage, reflété dans le cours à terme, est sensible aux fluctuations du taux d’intérêt. Il dépend aussi du cours au comptant du produit, de la capacité de stockage disponible, et de la durée restant à courir jusqu’à l’échéance.

 

- La composante distance de la base intervient également. Les prix des services de transport ne sont pas constants et peuvent être négociés. Les moyens de transport disponibles, les conditions météorologiques et les conflits sociaux peuvent influencer le coût de transport. Les conditions d’offre et de demande de chaque marché local sont sujettes à variation. Ainsi, un déséquilibre entre l’offre et la demande peut se produire dans une zone et ne pas affecter l’endroit où se font les livraisons sur le marché à terme, provoquant un changement de la base locale.

 

 

 

 

 

B. Les relations entre cours au comptant et cours à terme

 

En théorie, le cours à terme doit être égal au comptant augmenté du coût de portage. La différence entre les différents cours à terme doit aussi être égale au coût de portage d’une échéance sur l’autre.

 

En réalité, l’écart entre les échéances varie considérablement et dépend de la situation de l’offre et de la relation comptant/terme. C’est pourquoi les coûts de portage calculés à partir des différences entre les contrats ne fournissent qu’une indication sur une situation qui prévaut sur le marché à un instant donné et sont fonction des anticipations des opérateurs pour les mois à venir.

 

 

1. Marché en report et marché en déport

 

 Lorsque l’offre est suffisante pour couvrir la demande sur un produit, les cours à terme sur les échéances lointaines sont plus élevées que ceux sur les échéances proches. Cette situation est celle d’un marché normal ou report (un marché est en report si le cours au comptant est inférieur au cours à terme).

 

 

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Lorsque l’offre est insuffisante pour couvrir la demande de livraison immédiate, le cours au comptant peut être supérieur au terme le plus proche, et si on anticipe une poursuite de la pénurie, le cours à terme proche peut dépasser le cours à terme éloigné. Cette situation est celle d’un marché inversé ou en déport.

 

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2. Le risque de base

 

 

La couverture classique n’élimine pas le risque de façon aussi radicale qu’on pourrait le penser, elle ne fait que le réduire.

 

Le bénéfice majeur d’une couverture à terme est de remplacer le risque de fluctuation des cours par un risque beaucoup plus faible de changement de la relation entre le cours à terme et le cours au comptant, appelé risque de base.

 

Un opérateur qui fait une couverture courte fera un profit si la base diminue entre le début et la fin de la couverture. Dans le cas contraire, il subira une perte. A l’inverse, celui qui fait une couverture longue fera un gain si la base augmente, et une perte si elle diminue.

 

 

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TYPES D’INTERVENTION SUR LE MARCHE A TERME

 

 

 

Il existe trois types d’interventions sur un marché à terme :

 

- L’arbitrage est une opération sans risque et en principe sans investissement initial visant à tirer profit de décalages anormaux de cours entre différents instruments. L’arbitragiste cherchera à profiter d’une inefficience du marché entre des produits symétriques ou relevant de marchés différents ou encore entre le marché à terme et le marché au comptant.

 

- La spéculation peut se concevoir à la hausse ou à la baisse. La spéculation à la hausse consiste à acheter un bien dont la valeur doit s’apprécier dans le temps. L’opérateur espère réaliser un profit en revendant le bien à un prix supérieur au prix d’achat. La spéculation à la baisse consiste, à l’inverse, à vendre un bien s’il doit se déprécier. L’opérateur espère alors réaliser un profit en rachetant le bien à un prix inférieur à son prix de vente.

 

- La couverture : c’est la principale opération réalisée sur le marché à terme. L’opérateur cherche à réduire son exposition au risque de variation de prix. L’approche élémentaire présente le Hedge (couverture sur le marché à terme) comme une prise de position égale et opposée à la position sur le marché physique. Egale signifie de même taille et opposée correspond à la prise de position inverse, long en physique et court à terme par exemple.

 

 

Un opérateur est long lorsqu’il détient un produit physique ou des contrats d’achat à prix déterminé. Etre long correspond à un risque spéculatif de baisse des prix. Un agriculteur qui sème du blé est long sur le marché du blé. Même s’il ne dispose pas encore physiquement de son blé, sa production est en cours, il craint une baisse des prix et par voie de conséquence une diminution de ses revenus.

 

Un opérateur est court lorsqu’il développe un risque spéculatif de hausse des prix. C’est le cas d’un acheteur de sucre pour une industrie de confiserie. Cet opérateur connaît ses besoins mensuels de sucre, il craint une hausse des prix qui viendrait augmenter la valeur de ses achats. Sur le marché à terme, l’opérateur qui achète un contrat est long. Il est gagnant si le prix monte mais il est perdant si le prix baisse. La situation de l’opérateur court est symétrique.

 

 

 

Positions longues des opérateurs marché à terme du blé (Chicago)

 

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D’une façon générale, les longs gagnent à la hausse tandis que les courts gagnent à la baisse.


L’argent gagné par les uns est perdu par les autres. Hors coûts de transactions, le marché à terme est un jeu à somme nulle avec transfert quotidien des perdants vers les gagnants.


L’organisation du transfert d’argent est une des principales fonctions de la Chambre de Compensation.